jeudi 28 mai 2009

Le fameux monde de la publicité

Quand j'ai fait ma demande à l'université, j'avais 18 ans et je ne savais vraiment, vraiment pas quel métier je voulais exercer dans l'avenir. Ne nous faisons pas d'illusions, savoir ce que l'on souhaite faire pour le restant de notre vie à 18 ans, c'est peu probable. Enfin, je n'avais aucune idée quant à la profession que je voulais exercer.

C'est donc dans cette optique que j'ai commencé des études en anthropologie à l'Université de Montréal en réalisant après une année, que ce domaine n'était pas ma vocation Perte de temps me direz-vous, cependant entre-temps, j'ai été engagé dans une agence de publicité, ce qui m'a permis de découvrir le merveilleux monde de la publicité. Tout ceci m'a mené vers le certificat de publicité de l'Université de Montréal et ensuite vers le cours «Publicité sociétale et humanitaire».

C'est un cours qui me touche beaucoup et j'irais même jusqu'à dire qui me bouleverse un peu. La publicité est un monde que l'on peut qualifier de superficiel, qui ne fait que montrer le meilleur de chaque produit à annoncer. Je ne connaissais cependant pas l'envers de la médaille. Cette forme de publicité qui vise à choquer, à informer par le réel, dans un but ultime de rassembler et mobiliser les gens.

Étant dans le tout début de ma carrière et n'en n'ayant peut-être pas encore assez vu dans le domaine, je demeure un peu incertaine dans mes créations ainsi que dans ma façon de présenter. Cependant j'ai la profonde conviction que je jouerai un rôle significatif tôt ou tard dans l'aspect humanitaire de la publicité que je découvre de davantage à chaque jour. J'en suis convaincue.

Un coin du ciel

Il y a quelques semaines, j'ai écouté par hasard l'émission Zone Doc sans me douter à quel point ma vision d'un quartier près de chez moi changerait.

Le quartier Parc-Extension, l'un des quartiers les plus cosmopolites de Montréal, situé à moins d'une quinzaine de minutes d'Outremont, accueille plusieurs immigrants annuellement. Il occupe la troisième place pour sa proportion d’immigrants (40 %) qui dépasse largement celle observée à l’échelle montréalaise (26 %). Notons que cet arrondissement compte plus de résidents non permanents (3 %) que l’ensemble de la ville (2 %), soit un total de 4 220 personnes ayant un permis de séjour ou requérant le statut de réfugié.

Ces immigrants quittent souvent leur pays contre leur accord et malgré cela ils souhaitent que quelque chose de meilleur les attende à Montréal. Sans moyens et souvent pratiquement seuls, ils font face, au Québec, à une montagne qui leur semble insurmontable. Ils n'ont souvent d'autre choix que de se tourner vers la religion, seule institution toujours rassurante.

Cependant il existe un établissement qui a pour but d'accueillir tous les résidents, de les écouter et surtout, de les aider du mieux qu'ils le peuvent à affronter cet univers complexe de la bureaucratie québécoise: le CLSC du quartier Ce documentaire nous révèle cet univers bouleversant que bien peu de Montréalais connaissent.

J'ai moi-même travaillé pendant plus de cinq ans au Centre d'achat Rockland, qui sert souvent de sortie officielle de la fin de semaine pour plusieurs d'entre-eux. Les immigrants s'y rendent pour rencontrer des gens qu'ils connaissent, pour simplement s'y asseoir et tuer le temps ou simplement pour changer d'air, mais rarement pour y faire leurs courses. Un établissement à deux pas de leur lieu de résidence, mais bien trop cher pour leurs moyens.

J'ai souvent côtoyé ces gens qui comprennent quelques mots de français. Ils se promènent avec toute leur famille, des fois quatre ou cinq enfants, ne portant pas des vêtements derniers cris et souvent, ils font l'objet de regards insidieux de la part des autres. Si j'avais su.

Les appartements du quartier Parc-Extension sont minuscules (pas plus de deux ou trois pièces), espaces qu'une famille de plus de quatre personnes doit se partager. Leur peu de moyens ne leur permettent pas non plus de meubler les espaces, aussi petits soient-ils. Les propriétaires des immeubles à appartements négligent l'entretien, les bâtisses tombent en ruines et sont souvent infestées de bestioles de tout genre. Quelle vie de chien.

Ce reportage m'a fait comprendre bien des choses et surtout a éveillé chez moi un désir ardent d'aider ces gens que je ne connais pas, mais qui méritent autant que moi de vivre dans la sécurité et la dignité.

Un nouvel espoir prend racine

La santé de notre planète monte tranquillement mais surement au premier rang de notre palmarès de préoccupations planétaires. Les gens en parlent de plus en plus, cependant, les actions entreprises, quand il y en a, sont souvent très subtiles et discrètes. Je crois que nous aurions besoin d'un grand coup d'éclat pour mobiliser nos troupes à la manière d’une ovation: il faut qu'une première personne se lève pour que celle à côté se lève à son tour et que tous suivent le pas.

C'est ce que la Maison du développement durable a fait. Une cause parrainée par le groupe de musique Mes Aïeux, dont le nom, si l'on y réfléchit quelques secondes, est tout à fait de circonstances, car il est ici question de ce que nous pouvons faire maintenant, pour que lorsque nous serons les aïeux de quelqu'un, cette personne puisse profiter d'un monde en santé

Il ne s'agit pas ici d'être pessimiste, cependant je dois avouer que je suis un peu perplexe face à l'avenir de notre situation. Je suis une éternelle optimiste. Je crois qu'inévitablement demain sera meilleur et que même si demain renferme un obstacle, c'est un obstacle qui fera évoluer la situation et qui me portera vers de nouveaux horizons plus intéressants et stimulants les uns que les autres. Cependant il existe d'autres personnes, dans mon entourage proche, qui, à 23 ans, ont déjà capitulé. L'environnement est un des aspects sur lequel ils ont déjà capitulé certes, mais ils ont littéralement abandonné toute forme d’optimisme de vie future. Je remarque que face à l'adversité, certaines personnes baissent les bras rapidement. Ces personnes sont en grand nombre dans notre société. La tâche revient donc à nous, rêveurs invétérés, de se mobiliser et c'est pour s'y rassembler et y échanger que la Maison du développement durable a pris racine à Montréal.

http://maisondeveloppementdurable.org/